Sunday, December 30, 2007, 01:54 PM
Pour moi, fin d'année rime notamment avec cartes de voeux. Comme j'aime écrire, j'en ai toujours envoyé et je continue malgré les technologies modernes « grâce » auxquelles les jolies cartes en papier ont été remplacées par des SMS impersonnels ou autres mails envoyés à la chaîne. S'il y encore quelques temps, j'avais la joie de découvrir de nombreuses enveloppes dans ma boîte au lettres, ces deux dernières années les voeux se sont fait bien rares par ce biais...Mais cette année, la donne a changé. Depuis une bonne quinzaine de jours, il n'y a quasiment pas eu une journée sans que je ne découvre une carte de voeux dans ma boîte aux lettres! C'est qu'en tant que conseillère municipale, je fais partie des personnes à qui les services de la ville et nombres d'associations diverses pensent devoir écrire... OK, ce sont d'avantage des envois de convenance, souvent photocopiés à des dizaines d'exemplaires, mais cela fait quand même plaisir à recevoir. Et même si j'ai reçu trois fois le même modèle de carte de trois « services administratifs » différents!




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Friday, December 28, 2007, 04:27 PM
Des jeunes parlant un peu toutes les langues avec valises et sacs de couchage à tous les arrêts de bus, voilà sur quoi je suis tombée ce matin en sortant de chez moi. D'abord un peu étonnée par le premier attroupement croisé, j'ai soudain réalisé que nous étions le vendredi 28 et donc le jour de l'arrivée des 30 000 jeunes de Taizé! Tout autour des arrêts TPG de la gare, dans les tram ou les bus, partout la matinée a grouillé de jeunes venus des quatre coins de l'Europe et je dois avouer que c'est une vision qui a réchauffé mon coeur... Je ne suis pas très croyante, mais de voir autant de jeunes envahir pacifiquement la ville, tout comme de savoir qu'il y a des centaines de Genevois qui leur ont ouvert les portes de leur appartement pour les loger, cela fait du bien. Cela occulte pour un moment la misère du monde et donne un signe d'espoir... L'esprit de Noël, c'est peut-être aussi cela!Saturday, December 15, 2007, 05:48 PM
Hier soir, j'ai pris le bus pour Champel pour me rendre chez Alpha, mon collègue vert du conseil municipal. Mais alors que je pensais n'avoir traversé que la rade, j'ai finalement dû fait un voyage bien plus grand puisque je me suis retrouvée plongée dans une véritable soirée africaine! Alpha, qui avait invité de nombreux Verts à venir passer la soirée chez lui, a en effet fait les choses en grand. Non seulement sa fille nous a cuisiné des tas de plats africains, mais Alpha a aussi invité un ami musicien et une chanteuse qui nous ont recréé l'ambiance des fêtes de là-bas...La présence de nos élus nationaux, Antonio et Uli, a cependant aussi transformé cette soirée en fiesta célébrant l'éviction de Christoph Blocher du Conseil fédéral. On a même chanté à cette victoire! Les musiciens africains ont ainsi lancé le mouvement en détournant des chansons et Uli a enchaîné en inventant des paroles forts amusantes... Et une fois les musiciens partis, alors que l'ambiance est devenue un peu plus calme, nous avons aussi eu la chance d'écouter le récit de la fameuse nuit des longs couteaux et tout ce qui a entouré ces deux jours de folie à Berne. Pas de doute, entre ce qu'on lit dans les journaux et ce qu'ont vécu nos élus, il y a de la marge... Je me sens donc très privilégiée d'avoir pu entendre ces témoignages de première main, ces vécus de l'intérieur!
Mais les héros étant fatigués, ils n'ont pour une fois pas fait bien tard. Quant au reste de la troupe, il a levé le camp en force à minuit. Le froid étant trop intense, tout le monde (ou presque) avait troqué le vélo contre le bus et le dernier passait à minuit 07. Pas question de le manquer. Car oui, les Verts prônent les déplacements responsables et appliquent ce qu'ils disent!
Friday, December 14, 2007, 06:07 PM
Le silence... Dans notre monde si tumultueux et bruyant, c'est de temps à autre le silence que nous recherchons pour nous ressourcer, nous calmer. Mais si pour nous c'est un privilège, pour toute une partie de la population, le silence est un état de fait, le quotidien. Je veux bien entendu parler des sourds...Il y a quelques temps, j'avais suivi une année de cours de langage des signes (LSF). J'avais alors non seulement découvert une nouvelle langue, mais aussi tout un nouvel univers, une véritable culture bien trop méconnue. Pour la plupart d'entre nous, la LSF ne représente que la transcription de nos paroles. Or il faut être conscient que c'est une véritable langue en soit qui a ses codes, sa culture tout comme l'anglais, l'italien ou autre allemand!
Depuis un peu plus d'une année, la communauté sourde genevoise, consciente de la méconnaissance de la population, a entrepris de s'ouvrir et a cherché le contact avec les entendants. Régulièrement sont organisés des cafés des signes dans différents bars genevois, expérience qui a de plus en plus de succès et a même poussé les sourds à offrir des cours d'initiation gratuite à la LSF.
Toujours dans cette même volonté de faire découvrir leur monde, les sourds genevois ont fait venir à Genève une exposition-expérience unique en son genre : « Scènes de silence ». Déjà présentée à Paris et en Allemagne, elle a eu un succès tel, que son futur est déjà réservé dans de nombreux autres pays européens. C'est une chance unique qui est ici donnée aux Genevois de plonger dans le monde des sourds afin d'essayer de mieux comprendre leur quotidien, leur ressenti.
Je ressors presque à l'instant de « Scènes de silence » et ma parole retrouvée, j'ai juste envie de crier à tout le monde de foncer vivre cette expérience. Par groupe de douze personnes, un casque de chantier anti-bruit sur les oreilles, on se retrouve véritablement isolé du monde. La parole ne sert plus à rien, il faut apprendre à communiquer autrement et c'est ce qu'un guide sourd va justement faire en nous entraînant de salle en salle pendant un peu moins d'une heure. Nous qui sommes tellement focalisés sur la voix, nous redécouvrons dans ce parcours l'importance des mains, des mimiques du visage et du mime, bref qu'il est possible de se faire comprendre autrement... Et étonnamment, même sans connaître le langage des signes, on réalise qu'on peut effectivement communiquer!
Mais trêve de bavardage car « Scènes de silence » ne se raconte pas, il faut le vivre. Alors foncez à la salle du Môle, l'exposition est prolongé jusqu'au 17 février!
PS : Il faut réserver sa visite.
http://www.scenesdesilence.ch/site/
Monday, December 10, 2007, 08:23 PM
Ca y est, j'ai passé le baptême du feu, l'ultime « test » de bizu pour devenir une conseillère municipale, une vraie! J'ai survécu à la séance marathon du budget... Pour être franche, la veille, le vendredi soir, je n'en menais pas très large. J'avais tant entendu parler de cette fameuse séance du budget, des heures interminables de discussions autour d'improbables amendements et de discipline de vote à respecter à la lettre que plus le jour X approchait et plus je me sentais un peu inquiète. La meilleure preuve de ce que je vous raconte, c'est que j'en ai même rêvé! Un truc incroyable où à la tribune se côtoyaient le président Dossan, ma cheffe de groupe et... Johnny Hallyday! Totalement absurde...
Samedi matin je riais encore de mon propre rêve et il me fallait bien cela pour me lever aux aurores un jour de congé! En effet c'est à huit heures précises que les débats sur le budget devaient commencer. Et il s'agissait d'être à l'heure! Comme nous l'avait indiqué Sarah dans un mail: « on arrive à 7h55 pour se faire des bisous de bienvenue et à 8h précise on est assis à nos place, prêt à bosser ».
Les conseillers municipaux étaient nombreux, comme moi, à être encore un peu dans les brumes lorsque le président a pris la parole. Mais pas de doute, à 8h17, tout le monde s'est réveillé d'un coup d'un seul lorsqu'un vote inattendu a provoqué l'étonnement de tout le monde. Rires de la droite, râles dans les rangs de la gauche qui a perdu ce vote pour cause de personnes par encore arrivées, désarroi à la tribune devant la situation inattendue... Et finalement interruption de séance 20 minutes à peine après le commencement. Heureusement, en coulisse, tous les responsables de groupe se sont mis d'accord et nous avons pu reprendre l'ordre de marche normal, oubliant ce malheureux incident qui aurait pu nous obliger à remettre les débats à une autre date!
La suite a été nettement plus calme et les débats ont avancé à un rythme élevé selon les « anciens ». Il faut dire que nous, les partis de l'alternative, avions réussi dans les jours précédents à trouver un accord pour faire passer le budget (grâce à notre majorité) et surtout, nous étions répartis les départements afin que pour chaque amendement proposé, il n'y ai qu'une seule personne qui parle au nom de tous les partis de gauche. Un gain de temps certain!
Et franchement, j'ai trouvé que cette journée a certes été longue, mais a nettement mieux passé à mes yeux que certains soirs de plénière où l'on avance pas et où l'on peut passer plus d'une heure à pinailler sur un seul sujet. Durant le budget, les sujets sont variés, les interventions ne durent pas une éternités et on a l'impression d'avancer...
Sans compter que nous avons eu droit à un nombre de pauses respectable qui nous ont non seulement permis de souffler mais aussi de nous nourrir et profiter un strict minimum de l'ambiance Escalade qui régnait dans toute la vieille ville. Et oui, pendant que nous, « pauvres » élus, trimions dur dans les murs de l'Hôtel de Ville, dans les rue adjacentes c'était le grand week-end de l'Escalade avec la Compagnie 1602 qui paradait et faisait mille et une démonstrations. Nous en avons d'ailleurs eu l'écho durant l'après-midi où les interventions de certains ont parfois été couvertes le temps d'une seconde par le tir d'un canon ou une salve de fusils!
La tradition étant la tradition, le Conseil municipal que nous sommes ne pouvait pas manquer cette fête qu'est l'Escalade, la « fête nationale genevoise »! C'est ainsi qu'à 17h30 précise, le président a clos momentanément les débats pour que nous rejoignions la cours de l'Hôtel de Ville où nous étions attendus par la Compagnie 1602 et la population. Ensemble nous avons chanté le « Cé qu'è lainô » avant de casser une immense marmite en chocolat. Miam!
La pause repas a elle aussi eu un côté fête, sous des tentes dressées sur la terrasse de l'Hôtel de Ville, juste au dessus de la Treille et de ses animations. Mais ayant besoin de me retrouver un peu « seule », j'ai laissé mes camarades le temps d'une bonne heure pour aller me balader à travers la vieille ville. Flânant au hasard, j'ai pu assister à différentes démonstrations, goûter du vin chaud, découvrir la fameuse piste de ski de Manuel Tornar et écouter les chants de différentes troupes. Avec la nuit qui était tombée, la fête avait un aspect encore plus pittoresque grâce aux flambeaux et aux lampions que portaient de nombreux enfants.
Mais pas le temps de trop rêvasser. Retour sous les tentes pour manger un morceau avant de retourner débattre du budget. Il nous restait encore le département social pour finir le second débat, soit un gros morceau avec la réintroduction des 10 millions d'aide aux bénéficiaires de l'OCPA... Les débats ont été rudes, la droite a dit tout le mal qu'elle pensait de cette « manoeuvre » de dernière minute, mais la majorité étant ce qu'elle est, nous avons fait passer cette somme et ainsi attaquer enfin le fameux troisième débat, soit la dernière ligne droite de la journée.
Je ne sais pas si c'est dû à la fatigue ou à une certaine résignation de la droite devant l'impuissance de sa minorité, mais les choses ont été encore plus rapides au troisième débat. Elles l'ont d'ailleurs été tellement que nous avons fini à minuit cinq très précisément, battant ainsi tous les records de rapidité de l'histoire des budgets de la ville! Est-ce dû au fait qu'il y a tant de débuttant dans ce nouveau Conseil? Je ne sais pas, mais je verrai bien l'an prochain... Car oui, on recommence ce « cirque » chaque année!
Tuesday, December 4, 2007, 10:30 PM
Les élus municipaux ayant rendez-vous samedi (dès 8 heures du matin!) pour la grande journée du budget 2008, cette semaine est placée sous le signe de la veillée d'armes... Les partis affûtent leurs dernières cartouches ou amendements, les réunions « top secrètes » se succèdent pour forger de solides alliances et les échanges de mails sont encore plus intenses que d'habitude. Bien sûr, ce sont les commissaires aux finances et les chefs de groupes qui sont aux premiers rangs, mais tout le monde sent l'importance de l'enjeu et les nouveaux comme moi découvrent un nouveau chapitre prenant de la vie d'un élu.Des questions concernant cette journée, j'en ai plein la tête! Ce d'autant plus que contrairement aux habituels ordre du jour toujours très détaillés, celui reçu pour samedi ne contient que quelques points alors même que je sais que la journée va être longue... Je me rappelle encore l'an passé comme je m'étais amusée à observer mes camarades de parti sur Léman bleu à mon réveil, peu avant le repas de midi, en milieu d'après-midi comme tard le soir... Mais cette année, je serai de l'autre côté de l'écran, et c'est moi qui devrai tenir le coup, suivre sans faille la ligne définie par le caucus hier soir. Il va falloir être en forme!
Sunday, December 2, 2007, 01:28 PM
Quand hier matin, le réveil a sonné à 7h30, j'ai, je l'avoue, commencé par pester! Encore toute ensommeillée, je marmonnais tel un ours mal léché, me demandant bien pourquoi je m'étais inscrite comme volontaire pour passer mon samedi en assemblée suisse des Verts plutôt que de profiter d'un jour de congé... Mais une fois mon chocolat froid avalé et la joyeuse troupe des Verts genevois retrouvée sur le quai de la gare, mon humeur était à nouveau au beau fixe. Il faut dire que pour ces assemblées des délégués, nous sommes toujours un bon groupe et la bonne humeur et la déconnade règnent! Sans compter que ces voyages en train représentent aussi un intéressant lieu d'échanges d'informations plus ou moins officieuses...Hier, c'est à Binningen, dans le canton de Bâle campagne, que nous avons dû nous rendre. Et finalement, le lieu a peu d'importance puisqu'en général, tout ce que nous avons le temps de voir, c'est... la salle communale!
Comme c'était la première assemblée des délégués depuis les élections nationales du 21 octobre dernier, nous avons bien entendu commencé par un peu d'auto-félicitation. Un par un, les scores des sections cantonales ont été annoncés et applaudis et, en finish, tous les élus sont montés sur la scène pour une grande standing ovation. Après tout, sept sièges de plus au Conseil national et une double entrée au Conseil des Etats, cela doit se fêter!
Mais nous avions aussi des décisions à prendre hier après-midi dont la principale, celle qui nous a valu la présence d'un nombre impressionnant de caméras et photographes, était de savoir si nous allions présenter un candidat au Conseil fédéral. Si cette idée a rallié une très large majorité, le débat a été plus nourri lorsqu'il s'est agi de savoir si cette candidature nous devions la présenter ce 12 décembre en la personne de Luc Recordon contre Christoph Blocher ou alors attendre un ou deux ans jusqu'à la prochaine démission. Le camps des Romands s'est là clairement distingué des Zurichois... Mais finalement, après une discussion bien nourrie, une majorité s'est décidée pour lancer Luc dans la bataille contre Blocher, ou plutôt la ligne politique qu'il incarne. Nous sommes conscients que nos chances de victoire sont bien maigres, mais fermement opposés à la politique blochérienne, nous ne pouvions accepter de le laisser se faire réélire sans la moindre opposition... L'occasion aussi de voir la réaction des autres partis qui avaient été si nombreux à critiquer ce Conseiller fédéral pendant la campagne mais n'agissent pas par la suite pour le contrer!
Friday, November 30, 2007, 10:29 PM
Berne, aller-retour… C’est à peu près ce que j’ai fait ce vendredi après-midi. Une fois de plus, ce fut une " excursion " dans le cadre de ma collaboration avec le Bulletin Vert. Et cette fois, je devais aller rencontrer Aline Trede, la coordinatrice des Jeunes Verts suisses.Arrivée à Berne à 17h56, j’ai été impressionnée par la foule qui se pressait dans la gare. Incroyable, on se serait cru dans un grand magasin à la veille de Noël ! Là j’ai pu constater de visu le fait que les Suisses allemands prennent clairement plus le train que nous les Romands…
La foule était dans les couloirs, mais aussi dans les bistrots de la gare. Donc, malgré le froid, Aline et mois avons fait comme nombre d’autres personnes, nous nous sommes installées à une table sur une terrasse. Et sur celle-ci il n’y avait même pas de chauffage au gaz !
Pierre (qui organise les portraits) m’avait prévenu qu’avec Aline, je n’aurai aucun mal à faire mon papier car elle est très bavarde et pas du genre à répondre par de laconiques oui ou non. J’ai en effet eu la joie de faire la connaissance d’une jeune fille pleine d’énergie, ravie de pouvoir communiquer et expliquer tout ce qu’elle fait, son engagement pour les Jeunes Verts. Une vraie pile électrique !
Une différence de génération aussi. Alors que jusqu’à présent j’avais interviewé des personnes qui ont adhéré aux Verts suite à une réflexion, des personnes souvent issues de la gauche ou de l’extrême-gauche, Aline, elle, fait partie de ces jeunes qui ont toujours eu l’écologie comme valeur. Comme elle le dit en riant, elle est née la même année que le parti écologiste suisse, elle et lui ont grandi ensemble !
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